Les dangers de l'hiver au travail |

Infographie : Les dangers de l’hiver au travail

 

Infographie : les dangers de l'hiver au travail


Les dangers de l'hiver : le froid au travail

1. Responsabilités

Ce que dit le code du travail :

L’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs dans leurs établissements, en y intégrant les conditions de température (principes généraux de prévention détaillés à l’article L. 4121-2 du Code du travail). Code du travail

Cette citation est extraite des 9 principes généraux de prévention des risques professionnels inscrits dans le Code du Travail.

Ces principes, qui peuvent être appliqués à tout type de risque et en particulier au froid, sont :
- Eviter les risques en supprimant le danger ou l’exposition à celui-ci
- Evaluer les risques qui ne peuvent être évités, pour déterminer les actions à mener pour assurer la sécurité et garantir la santé des travailleurs
- Combattre les risques à la source, c’est-à-dire intégrer la prévention le plus en amont possible, notamment dès la phase de conception/planification
- Adapter le travail à l’homme, c’est-à-dire concevoir les postes de travail, choisir les équipements et les méthodes de travail en évitant les efforts importants et les contraintes inutiles
- Tenir compte de l’évolution technique pour avoir des moyens de prévention en phase ;
- Remplacer ce qui est dangereux lorsqu’un même résultat peut être obtenu avec une méthode présentant des dangers moindres
- Planifier la prévention
- Prendre des mesures de protection collective, la protection individuelle  intervenant uniquement en complément des protections collectives si celles-ci se révèlent insuffisantes
- Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Ces principes montrent le caractère multifactoriel (organisationnel, humain, technique…) des risques professionnels et sont de la responsabilité exclusive de l’employeur.

Celui-ci peut voir sa responsabilité engagée au plan civile voire même pénal.

En France, 1 salarié sur 4 estime que son travail menace sa santé ou sa sécurité.

Beaucoup de situations professionnelles exposent les travailleurs au froid, qu’il soit naturel (travail en extérieur en hiver) ou artificiel (entrepôt frigorifiques, chambres froides, …).
Cette exposition directe favorise l’apparition d’accidents et présente des risques accrus pour la santé, en particulier lors d’exposition prolongée.

C’est pour cela qu’il convient d’identifier et d’évaluer ces risques afin de les intégrer dans le Document Unique (DU ou DUER).

En résumé, il existe 3 obligations majeures pour l’employeur :
1/ Assurer la santé et la sécurité des travailleurs
2/ Procéder à l’évaluation des risques
3/ Mettre en œuvre une politique de prévention des risques professionnels

2. Les professions les plus concernées

Professions exposées au froid
En hiver, tous les travailleurs peuvent être exposés au froid à un moment ou à un autre et de manière plus ou moins continue.

La pénibilité du travail est déterminée en fonction du niveau d’isolation du poste concerné et est majorée sur les postes sédentaires.
Professions exposées au froid

Les professions dont l’activité se fait en extérieur sont plus exposées que d’autres :

-Travailleurs du BTP
-Entretien/Maintenance (lignes électriques et de télécommunication, réseau routier, etc…)
-Vendeurs sur étalages extérieurs (marchés, foires, …)
-Professionnels travaillant en poste fixe sur des lieux ouverts (hangars, entrepôts, parking, péages d’autoroute, etc…)
-Travailleurs agricoles
-Industrie du transport et VRP
-Industrie du tourisme (personnels d’exploitation et de maintenance des parcs d’attraction, des sites ou circuits touristiques, professionnels des sports d’hiver, etc…)

Certaines professions sont exposées au froid tout au long de l’année, par exemple :

-Professionnels de l’agro-alimentaire via les chambres froides et congélateurs (entrepôt frigorifiques, abattoirs, conditionnement de produits, etc…)
-Industrie du froid (installation, entretien, réparation)
-Professionnels travaillant en eau froide (plongeurs professionnels, sauveteurs secouristes, pêcheurs, marins, …)

La durée d’exposition ou la surexposition au froid conditionne les risques liés à celui-ci.

3. Les principales températures

Y-a-t-il un seuil du froid ? Quelle est la température minimale pour travailler ?

Il n’y a pas de définition réglementaire du travail au froid. Il est néanmoins admis de parler de travail en ambiance froide lorsque la température est inférieure ou égale à 5 °C.

On fait également la distinction entre la température en intérieur et celle à l’extérieur, où la sensation de froid est causée par l’effet combiné de la température et du vent, augmentant ainsi la température ressentie.

Plusieurs autres phénomènes bien connus des professionnels de la montagne aggravent la sensation de froid.

  • La vitesse du vent fait baisser la température ressentie par la peau nue et sèche (voir tableau ci-dessous).
Vitesse du vent (km/h) Estimation visuelle de la vitesse du vent Température ressentie (°C)
0 Les nuages ne bougent pas. 10 5 0
10 Le vent est ressenti sur le visage ; les girouettes commentes à tourner. 8 2 -3
20 Les petits drapeaux flottent entièrement. 3 -3 -9
30 Le vent soulève le papier, les gros drapeaux claquent et les petites branches d’arbre bougent. 1 -6 -13
40 Les petits arbres comment à plier, les grands drapeaux flottent entièrement et les petites branches d’arbre bougent. -1 -8 -16
50 Les grosses branches d’arbre bougent, les fils téléphoniques sifflent et il est difficile d’utiliser un parapluie. -2 -10 -18
60 Les arbres plient et il est difficile de marcher marche au vent. -3 -11 -19
  • L’altitude intervient également pour deux raisons.

La première est physique : plus l’altitude augmente, plus la pression atmosphérique diminue. Lorsque la pression d’un gaz diminue, celui-ci se refroidit.
A titre d’exemple, pour une température de 15 °C au niveau de la mer (altitude 0 m), la pression est de 1 013 hectopascals. A 500 m d’altitude, la pression a baissé et est de 955 hPa, la température constatée est de 11,8 °C.

Cette baisse de température est de 6°C/km soit 0,6 °C par 100m.

La seconde est qu’en haute altitude (à plus de 2000m), l’oxygène est rare. L’hypoxie (manque d’oxygène) majore alors les effets du froid.

De plus, le vent trouve moins d’obstacles pour l’arrêter en altitude et est de fait ressenti plus fort.

  • L’humidité (provoquée par la transpiration ou résultant de la pluie) au niveau de la peau refroidit celle-ci.

Cette sensation de froid (comme vu précédemment) va être considérablement augmentée avec le vent.

Par ailleurs, la transpiration est un mécanisme de régulation de la température du corps. L’évaporation de la sueur est un mécanisme consommateur d’énergie (et de chaleur corporelle) et de ce fait refroidit. En hiver, l’air est plus sec. Il favorise l’évaporation et donc le refroidissement de la peau.

4. Comment prévenir et protéger

Aménager les postes de travail

  • Dégager et aménager les abords de l’entreprise et toutes les surfaces extérieures de la neige et du verglas, et épandre régulièrement du sel ou du sable, pour éviter tout risque de chute ou de glissade
  • Assurer une température suffisante du poste de travail en s’assurant de la bonne isolation et du chauffage de celui-ci (vérifier l’état du chauffage).
  • Mettre à la disposition un local chauffé permettant de consommer des boissons chaudes et de sécher les vêtements
  • Isoler les surfaces métalliques et prévoir des équipements permettant leur utilisation (gants, mitaines)
  • Apposer une signalisation spécifique (zone de froid extrême, surface métallique, sol glissant, risque de chute, etc…)
Panneaux de danger "Risque de glisser" Vêtements de protection obligatoires Panneau Verglas fréquents

Organiser le travail

  • Planifier les activités en extérieur en intégrant les conditions et les prévisions météorologiques (température, humidité, vent)
  • Prévoir une période d’acclimatation au froid et aux vêtements de protection
  • Aménager les horaires et temps de travail
  • Limiter le travail intense et le port de charge répétitif (pour réduire les contraintes physique et la transpiration) et le temps de travail sédentaire (risque de surexposition au froid)
  • Porter une attention particulière aux travailleurs isolés (avec par exemple des contacts plus fréquents qu’à l’accoutumée)
  • Prévoir des pauses et des temps de récupération adaptés

Former et informer

  • Informer les travailleurs des risques spécifiques liés au froid (nouveaux arrivants et intérimaires inclus)
  • Encourager les travailleurs à se montrer prudent en cas de neige et/de verglas, les sensibiliser sur les dangers encourus dans diverses situations
  • Former les travailleurs amenés à conduire un véhicule dans le cadre de leur poste
  • Former les travailleurs sur les risques spécifiques liés au poste de travail (protections à prendre, pratiques de sécurité, symptômes associés à l’exposition au froid)
  • Former les secouristes aux premiers soins adaptés aux troubles occasionnés par le froid

Prévoir des vêtements et des EPI adaptés

  • Fournir des vêtements et EPI adaptés au froid et assurant une dextérité optimale pour la tâche à effectuer
  • Privilégier plusieurs fines couches de vêtement à une seule épaisse (plusieurs couches créées une isolation optimale en « piégeant » de l’air chaud entre celles-ci)
  • Prévoir des chaussures antidérapantes
  • Fournir et obliger les travailleurs à porter des gants si la température est <4°C
  • Permettre à chaque travailleur d’adapter sa protection individuelle en fonction de sa morphologie et des tâches à effectuer
  • Conseiller aux travailleurs une alimentation et une hydratation adaptées (apport énergétique renforcé, risque de déshydratation)

Gants anti-froidParka haute visibilité contre le froid et la pluieCagoule polaireCombinaison de protection

5. Les risques liés au froid

Risques liés au froid
Les risques liés au froid sont de plusieurs ordres : les risques physiologiques liés à l’exposition directe (hypothermie et gelures), les chutes sur sol glissant, accidents liés à la perte de dextérité liée au froid, les intoxications et la recrudescence de pathologies. Risques liés au froid
  • Certaines pathologies (infections pulmonaires, troubles cardio-vasculaires, AVC,…) connaissent également une augmentation en hiver, en particulier chez les personnes âgées et les jeunes enfants.
  • Risques cardiaques accrus : le cœur doit battre plus vite pour maintenir la température interne du corps pouvant ainsi générer un risque chez les personnes ayant des problèmes cardiaques préexistants.
  • Les intoxications au monoxyde de carbone (CO) sont plus nombreuses l’hiver du fait de la recrudescence de l’utilisation de chauffages. L’utilisation de chauffages défectueux, particulièrement en mieux mal ventilé, peut générer une accumulation de monoxyde carbone (incolore et inodore) très toxique et pouvant entrainer la mort.
  • L’hypothermie (sur le corps en général)

Elle est caractérisée par une baisse de la température interne. Le corps ne peut plus réguler sa température interne, c’est à dire dans ce cas, la maintenir autour de 37 °C.

Les symptômes de l’hypothermie sont (entres autres) apathie, somnolence, fatigue, peau froide, rougeurs, confusion mentale, perte de mémoire, difficultés de mouvement et/ou pour parler.

Une hypothermie sévère (<28 °C) peut entrainer la mort.

Certains facteurs sont considérés comme aggravant le risque (consommation d’alcool ou de produits stupéfiants, immersion dans l’eau froide,...).

  • Les gelures (sur les membres et extrémités en particulier)

Ce sont des lésions localisées dues à une exposition à une température inférieure à 0 °C (comme des “brûlures par le froid”) et ont 4 niveaux de gravité. Elles sont localisées principalement sur les pieds, les mains mais aussi sur le visage (nez, oreilles).

Niveau 1 (engelures): pâleur (suivi de rougeurs lors du réchauffement), sensibilité émoussée, guérison en quelques jours

Niveau 2 superficiel : ampoules ou cloques à liquide clair, guérison en quelques jours

Niveau 2 profond : grosses ampoules/cloques, nécrose limitée au derme avec escarre, séquelles douloureuses

Niveau 3 : nécrose profonde pouvant aboutir à une amputation

  • Les chutes sur sol glissant, avec notamment pour conséquence des fractures
  • La perte de dextérité liée au froid. Le froid engourdit et perturbe l’activité manuelle, rendant les gestes moins précis, pouvant générer des accidents. A un stade plus avancé le Syndrome de Raynaud (une diminution de l’irrigation sanguine et caractérisée par des doigts pâles ou blancs) peut survenir et entraîne une difficulté à exécuter des gestes précis.

Le froid peut générer également des crampes (avec risque de claquage) et des troubles musculo-squelettiques (dus au manque de repos, aux postures extrêmes ou aux mouvements répétitifs).

6. Comment se protéger contre le froid

  • 30% de la chaleur de perd par les extrémités : il faut bien veiller à se couvrir la tête (bonnet, cagoule) et les mains (gants, sous-gants). De même, il faut s’assurer que les pieds sont bien au sec, isolés et au chaud et que les lacets ne soient pas trop serrés (risque de coupure de la circulation sanguine)
  • Porter plusieurs couches de vêtements : isolation optimale car chaque couche renferme de l’air chaud entre celles-ci
  • Rester en mouvement pour produire de la chaleur et assurer la circulation sanguine
  • Détecter les symptômes de l’hypothermie chez soi même et chez ses collègues (engourdissement, rigidité des articulations, frissons, fatigue, peau froide, assoupissement ou somnolence, confusion mentale) afin de pouvoir agir au plus tôt
  • Manger (pour fournir des calories à son corps) et s’hydrater (de préférence avec des boissons chaudes sauf du café qui lui déshydrate) régulièrement
  • Eviter de consommer de l’alcool (qui fait baisser la température corporelle) ou des produits stupéfiants (qui peuvent modifier la perception du froid par le corps). En cas de prise régulière de médicaments, ne pas hésiter à vérifier avec son médecin traitant l’innocuité de ceux –ci face au froid




Sources et complément d’informations :
- www.inrs.fr
- www.efficience-santeautravail.org
- www.officiel-prevention.com
- www.anact.fr
- www.bossons-fute.fr

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